29/04/2008
Les commerces perdent des milliers d'euros par an à cause des petits vols.
"En un semestre, nous pouvons perdre facilement entre 12.000 et 13.000 euros en boisson et cosmétique", affirme le gérant d'un supermarché de Bilbao (Pays Basque sud), victime de ces voleurs.
Selon une étude réalisée par l'entreprise Checkpoint, dédiée à fournir des systèmes de sécurité aux supermarchés, cette année en Espagne, les pertes pour vols s'élèvent à 2,645 milliards d'euros.
Le voleur est passible, selon le code pénal, d'une peine d'emprisonnement de 6 à 18 mois si la quantité du vol dépasse les 400 euros. L'avocate Ana Aztiria explique que "s'il y a récidive à plusieurs occasions pendant un an et le coût de tout dépasse les 400 euros, il s'agit de nouveau d'un délit. Dans le cas où la valeur de ce qui a été volé ne dépasse pas les 400 euros, il s'agit alors d'une faute qui se traduit par une amende".
"Ceux qui volent sont ceux qu'on soupçonne le moins"
"Ceux qui volent sont ceux qu'on soupçonne le moins," affirme la gérante de supermarché d'une grande chaîne qui ne veut pas révéler son identité pour parler de ce thème très délicat.
Les commerçants assurent que les voleurs dérobent de tout, et sont prêts à employer tous les moyens pour y parvenir. "Ils se mettent des plats préparés dans le sac et cachent toute une catégorie de produits dans leurs pantalons et leurs manches", explique une vendeuse.
Les articles qui ont le plus de chance d'être volés sont les boissons alcoolisées et les produits cosmétiques, selon l'étude de Checkpoint, et 75 % des vols sont commis par des personnes de moins de 30 ans, surtout de la tranche d'âge allant de 18 à 25 ans. Les jours les plus prisés pour commettre un délit sont en général les vendredis et les samedis.
"Bien qu'on puisse voir une personne prendre quelque chose, nous devons voir si après son passage en caisse il cache toujours l'article," explique un autre entrepreneur qui ne veut pas non plus s'identifier par respect de sa clientèle. Il faut dire qu'il ne s'agit pas d'un vol tant que la personne n'a pas passé la sortie du magasin.
Les caméras de surveillance, les systèmes d'alarme et le personnel de sécurité sont devenus indispensables pour lutter contre cette "perte inconnue". Cela suppose un investissement important. L'étude de Checkpoint sur le vol met en avant la dépense pour la sécurité des supermarchés de l'Etat, qui représente 827 millions d'euros par an.
Malgré les systèmes que les supermarchés utilisent, les commerçants se sentent seuls et mal protégés face à ce fléau. Ils demandent plus de soutien auprès des institutions.