ENVIRONNEMENT

Sarkozy présente les propositions du Grenelle de l'environnement

26/10/2007

En conclusion du Grenelle de l'environnement, Sarkozy a présenté un "plan Marshall" pour faire de la France un pays "exemplaire" en matière de développement durable. Les ONG attendent leur mise en oeuvre concrète.
Nicolas Sarkozy. Photo: EFE

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Nicolas Sarkozy. Photo: EFE

En conclusion du premier Grenelle de l'environnement, le chef de l'Etat a présenté jeudi un "plan Marshall" pour faire de la France un pays "exemplaire" en matière de développement durable.

Suspension de la culture commerciale des OGM, développement des énergies renouvelables, investissement "massif" dans la recherche, les logements et les transports propres, réduction de moitié de l'usage des pesticides agricoles, fiscalité écologique: M. Sarkozy a repris à son compte la plupart des propositions adoptées par les ONG réunies pendant deux jours au ministère de l'Ecologie dans le cadre du Grenelle de l'environnement, à l'exception notable de la taxe carbone.

Les écologistes attendent maintenant leur mise en oeuvre concrète.

"Le temps de l'action est venu": devant deux prix Nobel de la Paix, icônes mondiales de la défense de l'environnement, Al Gore et Wangari Maathai, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, l'ensemble du gouvernement et des participants au Grenelle de l'environnement réunis dans la salle des fêtes de l'Elysée, M. Sarkozy a présenté ses décisions.

"Révolutions"

"Je veux que le Grenelle soit l'acte fondateur d'une nouvelle politique, d'un New Deal écologique en France, en Europe et dans le monde", a-t-il lancé. Grandiloquent, M. Sarkozy a annoncé des "révolutions" dans tous les domaines.

D'abord sur le plan des principes. Désormais, "toutes les décisions publiques" seront arbitrées en intégrant leur coût environnemental. Les décisions "non écologiques" ne pourront être prises qu'en "dernier recours".

Le chef de l'Etat a défendu le principe de précaution, que la commission Attali sur la croissance a proposé de retirer de la Constitution. "Proposer sa suppression au motif qu'il briderait l'action repose à mes yeux sur une grande incompréhension", a-t-il dit. Au nom de ce principe, il a annoncé la suspension de la culture commerciale des OGM en attendant les conclusions d'une expertise et a repris la décision du Grenelle d'une loi sur les OGM au printemps 2008.

2.000km de lignes nouvelles de TGV

Dans d'autres décisions très attendues par les écologistes, M. Sarkozy a promis "une politique d'investissement massif dans les transports". La France va construire 2.000km de lignes nouvelles de TGV d'ici à 2020 et "plus de 1.500km" de tramway hors Ile-de-France. Le chef de l'Etat s'est également engagé à mettre en oeuvre les mêmes "investissements massifs" pour réduire la consommation d'énergie dans les logements.

Réduire de 50% l'usage des pesticides

Même volontarisme dans le domaine de l'agriculture. Nicolas Sarkozy a demandé au ministre de l'Agriculture Michel Barnier de lui proposer "avant un an" un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides par les agriculteurs "si possible dans les dix ans qui viennent". La toute puissante FNSEA a obtenu que les efforts de recherche de produits de substitution soit accélérée.

Ambitieux sur les objectifs, le chef de l'Etat est resté prudent sur la fiscalité écologique, question sur laquelle aucun accord n'a pu être trouvé lors du Grenelle. Il s'est prononcé "contre toute fiscalité supplémentaire qui pèserait sur les ménages et les entreprises". Les nouvelles taxes annoncées sur les camions et les voitures polluantes "iront au financement" des mesures du Grenelle.

Alors que les écologistes réclamaient une taxe carbone, il s'est engagé à étudier la création d'une "taxe climat-énergie" dans le cadre de la révision générale des impôts.

Autre bémol à cette conversion écologique, Nicolas Sarkozy a prévenu que la France ne renoncerait pas au nucléaire, et donc au réacteur de troisième génération EPR. Mais il a fait une petite concession en annonçant qu'il ne voulait "pas créer de nouveaux sites nucléaires".

Et maintenant... l'action

Les ONG ont globalement salué le discours, attendant des actes. "C'est inespéré", a estimé Nicolas Hulot. Nicolas Sarkozy "annonce un changement de cap", s'est réjoui France Nature Environnement. "Après le temps de la décision, il faudra effectivement s'assurer qu'on rentre bien dans le champ de l'action, et de la bonne action", a tempéré le porte-parole de l'Alliance pour la planète et Greenpeace Yannick Jadot.

Nicolas Sarkozy l'a assuré: le Grenelle ne sera "pas une fin", mais un "commencement". Une loi-cadre reprenant les décisions est annoncée pour 2008 et un rendez-vous est déjà pris l'an prochain à la même date pour un nouveau Grenelle.

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