03/10/2008
Avant le scrutin au Sénat, le président George W. Bush avait une nouvelle fois appelé les parlementaires à soutenir le dispositif, qui vise à racheter les créances et actifs invendables des banques et d'autres établissements financiers, le tout avec l'argent du contribuable.
Le "plan Paulson" de 700 milliards de dollars (500 milliards d'euros) présenté et défendu par l'administration Bush a donc été adopté par le Sénat par 74 voix contre 25, au terme d'un vote très attendu.
Après l'adoption finale cette nuit d'une version remaniée du plan de sauvetage des banques américaines, la chambre basse du Congrès aura l'occasion vendredi de se prononcer pour la deuxième fois sur ce projet de renflouement.
Les modifications apportées
Le texte avait été amendé par rapport à la mouture rejetée par la Chambre pour inclure 100 milliards de dollars de baisses d'impôts pour les entreprises et les classes moyennes et un relèvement du plafond de garantie par l'Etat des dépôts bancaires des particuliers de 100.000 à 250.000 dollars. Des "améliorations" qui devraient renforcer les chances d'adoption du plan à la Chambre en atténuant l'opposition républicaine au texte.
Les leaders démocrates et républicains du Congrès devaient également presser jeudi les élus de la Chambre de soutenir le plan et tenter d'obtenir le ralliement d'une dizaine de parlementaires ayant voté contre la première fois. Un nombre qu'ils estiment suffisant pour assurer le passage du texte vendredi.
Un vote très attendu
En attendant les résultats du scrutin de la chambre basse du Congrès, les mauvaises nouvelles ont continué à tomber sur le front de l'économie. Selon un rapport du gouvernement, les commandes aux usines américaines ont enregistré leur plus forte baisse depuis près de deux ans à cause du resserrement du crédit.
A Wall Street, les marchés étaient en baisse en début de séance jeudi alors que, peu avant, le département du Trésor avait annoncé que le nombre de demandeurs d'allocation-chômage était à son plus haut niveau depuis sept ans.
Les dirigeants des partis démocrate et républicain comme les experts en économie estiment que le Congrès doit approuver rapidement le plan de sauvetage pour débloquer le robinet du crédit et éviter un désastre économique potentiel dans le pays.
Les bourses européennes et asiatiques étaient orientées à la baisse jeudi. A Paris, le CAC 40 a ainsi clôturé en recul de 2,25% tandis qu'à Londres, le FTSE 100 perdait 1,80%. En Asie, les bourses japonaise, australienne, sud-coréenne et taïwanaise ont également cédé du terrain.
La France a confirmé la tenue pour samedi à Paris d'un sommet européen consacré à la crise financière réunissant les quatre Européens du G-8, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni et la France.
Par ailleurs, les banques centrales d'Europe ont injecté jeudi 68 milliards de dollars (49 milliards d'euros) de liquidités supplémentaires sur les marchés.