OGM

Procès reporté pour les militants anti-OGM jugés à Bordeaux

10/07/2008

A Bordeaux, à l'appel du collectif Vigilance OGM 33, de nombreux citoyens étaient venus encourager José Bové jugé avec 12 autres faucheurs volontaires. Parmi eux, Juan Felipe Carrasco, pour Greenpeace Espagne.
José Bové en compagnie de Juan Felipe Carrasco (Greenpeace Espagne). Photo: EiTB

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José Bové en compagnie de Juan Felipe Carrasco (Greenpeace Espagne). Photo: EiTB

Une centaine de personnes avaient rallié l'appel du collectif Vigilance OGM 33 pour accompagner devant la Justice une douzaine de faucheurs volontaires.

Interpellés après avoir coloré du mais OGM dans un silo à Lugos (Gironde) – et été attaqué à coup de fusil de chasse par le propriétaire de cette exploitation de 1.000 hectares -, ils comparaissaient pour "destruction de 2.300 tonnes de maïs génétiquement modifié". "Nous sommes jugés pour avoir atteint en 2006 au maïs Monsanto MON 810, qui, depuis février 2008, est frappé de moratoire sur le territoire français. Nous ne pouvons être coupables d'avoir eu raison avant les politiques", déclarait José Bové, porte-parole de la Confédération Paysanne.

En se montrant sensible au traitement discutable de la fourniture des pièces d'accusation aux prévenus et en choisissant de reporter le procès au 27 août prochain, la Juge pouvait quitter la salle d'audience sous les applaudissements des militants OGM venus de toutes part soutenir ce combat.

Les faits

Le 4 novembre 2006, à Lugos (Gironde), des militants anti-OGM se sont introduit dans l'exploitation de M. Giblet, au sein de laquelle étaient exploités 300 hectares de maïs Monsanto de type MON 810 (contenant un antibiotique et réputé résistant aux pesticides).

Un puissant colorant sans risque sanitaire (du brou de noix) fut déversé dans un silo, afin de permettre de surveiller sa destination. En cause : une suspicion d'exportation de ce maïs vers l'Espagne, où ce maïs transgénique ne connaît pas de restriction légale. Une opportunité internationale que Mr Giblet choisit de défendre par l'attaque avec son 4X4 contre les véhicules des militants, puis au fusil de chasse (une balle sera tirée, avant que le fusil ne s'enraille). Maîtrisé par les militants, les retrouvailles aujourd'hui au Tribunal de Bordeaux auront été juste distantes. Et José Bové multipliait les interviews en déclarant que la preuve était faite que "les OGM rendent fou".

Le soutien de Greenpeace Espagne

A la demande de José Bové, Juan Felipe Carrasco est venu apporter son témoignage, au nom du groupe Greenpeace Espagne. Sur ce territoire, plus de 60 variétés de maïs Monsanto MON 810 y sont exploités en toute légalité : pour le Gouvernement espagnol, le principe de précaution ne devra être appliqué que lorsqu'il sera "réellement" prouvé que le MON 810 est effectivement contraire aux règles sanitaires. Une affirmation jugée aberrante pour Juan Felipe Carrasco.

"Les preuves scientifiques ayant conduit au moratoire en France auraient dû conduire l'Espagne à prendre une mesure similaire. Après l'accord du gouvernement Aznar de libéraliser le maïs OGM en Espagne, le gouvernement de Zapatero, malgré ses promesses il y a cinq ans, n'a pas adopté une autre position malgré les conséquences sanitaires, agricoles et sociales du maïs Monsanto. Aujourd'hui, il n'est plus possible de faire des produits bio en Espagne tant la totalité du maïs est suspecté."

"Nous n'avons aucune visibilité de la quantité d'hectares en OGM, puisque les chiffres officiels (75.000 hectares) sont fournis sans vérification par Monsanto lui-même. Tous les exploitants qui souhaitent échapper à cette contamination sont obligés d'importer du maïs français – et de le vérifier -, ce qui pèse considérablement sur leur équilibre économique."

"Même si la société espagnole est globalement hostile aux OGM, la puissance du lobby agricole, l'arsenal juridique espagnol contre les contrevants anti-OGM, et la volonté catastrophique du gouvernement de Madrid ne permettent pas aujourd'hui d'envisager un futur proche débarrassé de ce risque sanitaire."

"Sous la pression des syndicats agricole EHNE de Bilbao, le gouvernement autonome basque Euskadi a déclaré en février 2005 que l'Euskadi deviendrait une zone libre de tout OGM. Mais le chemin est long : le soutien aux faucheurs français et à José Bové relève d'un dialogue permanent où rien moins que l'Europe est l'enjeu d'un refus catégorique de devenir la terre d'expérimentation des industriels de Monsanto."

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