29/06/2008
Lundi, à 23h, la tour Eiffel s'illuminera aux couleurs de l'Europe, marquant symboliquement le passage de témoin entre la Slovénie, qui exerçait la présidence depuis le 1er janvier, et la France.
L'hôte de l'Elysée donnera lundi soir le ton de la présidence française de l'Union européenne lors d'une intervention télévisée sur France-3, à la veille du début de cette période de six mois.
Le défi du "non "irlandais.
Nicolas Sarkozy hérite d'une Union plongée dans le doute à la suite du rejet par les Irlandais du traité de Lisbonne le 12 juin dernier. Ce "traité simplifié", dont Nicolas Sarkozy avait été l'un des principaux artisans, devait justement tourner la page du "non" franco-néerlandais à la Constitution européenne en 2005
M. Sarkozy, qui se rendra le 11 juillet à Dublin, entend prendre un peu de temps pour régler le problème irlandais. Conformément à la décision prise lors du conseil européen des 19 et 20 juin, les Vingt-sept reviendront sur cette question à la mi-octobre.
En attendant, le président français estime que le "non" irlandais conforte les priorités fixées de longue date pour ses six mois de présidence : "les peuples européens estiment que leurs dirigeants ne s'occupent pas assez d'eux, sont trop engagés dans l'institutionnel", observe-t-on à l'Elysée.
Les principaux axes politiques prévus :
- la conclusion d'un accord sur le paquet climatique ;
- l'élaboration d'un "pacte sur l'immigration" que Paris espère voir adopté lors du conseil européen d'octobre, mais n'a pas convaincu José Luis Zapatero il y a quelques jours ;
- la relance de l'Europe de la défense -dont dépend selon Nicolas Sarkozy le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN-, ce qui en france pourrait susciter de vives réactions ;
- et l'ouverture de la réflexion sur l'avenir de la Politique agricole commune (PAC), sur fond de crise alimentaire.
Les points actuels de blocage
Le président français va devoir convaincre ses partenaires sur sa capacité à jouer collectif.
Ses initiatives sur la scène européenne depuis son arrivée à l'Elysée en mai 2007 ont souvent agacé à Bruxelles et dans les autres capitales: multiplication des prises de position contre l'euro fort ou la Banque centrale européenne -alors que la France demeure une mauvaise élève sur le plan budgétaire - , remise à plat des quotas de pêche et désaccord avec la Commission sur la pêche au thon rouge.
Sa proposition de plafonner la TVA sur les carburants n'a pas convaincu ses partenaires, à commencer par l'Allemagne.
De même, Nicolas Sarkozy a dû revoir sérieusement à la baisse son projet d'Union pour la Méditerranée (UPM), qui sera lancé en grande pompe le 13 juillet, malgré le septicisme des pays arabes en général, et de l'agacement de Berlin en particulier.
Dans des conditions, il faut espérer que, pour sa part, le nouvel album de Carla Bruni-Sarkozy, qui sortira le 11 juillet, soit bien accueilli...