CYBER-ACTION

Bayonne : "La ferme en ville" et la mauvaise graine

04/06/2008

Organisateurs de la manifestation prévue ce week-end à Bayonne (Baiona), la Chambre d'Agriculture de Pau a déposé plainte contre un site pastiche de "consommateurs en colère" et ses 25.000 visites en 5 jours
Page de garde de la cyber-action UNE FERME EN VRILLE

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Page de garde de la cyber-action UNE FERME EN VRILLE

Si vous vous souvenez exactement de son adresse exacte, www.fermeenville.fr, la page s'ouvre d'un "click" sur un graphisme souriant et détendu : vaches moutons petites poulettes et leurs poussins vous accueillent pour vous présenter le salon agricole qui ouvrira ses portes ce samedi pour deux jours de présentation du monde agricole.

En revanche, si vous tapez sur Google "ferme en ville Bayonne", vous tombez sur une autre adresse, www.lafermeenville.fr, qui vous propose un pastiche très contestaire du site original : les animaux semblent nettement moins en forme, les mentions "Concours de désherbants" ou "Animaux vivants - sous réserves" complètent un graphisme très proche. Jusqu'au nom donné à cette contre-manifestation : "La ferme en vrille"

Un mystérieux responsable

Exemple d'une cyber-action menée par un dénommé "Raymond Santeau", à rapprocher de Monsanto, firme américaine qui affiche l'objectif d'une "agriculture de qualité, compétitive et durable" mais qui est surtout connu pour ses créations d'OGM.

La gendarmerie a donc été saisie de l'affaire mais il semble probable que cette cyber-action s'évanouira dès que le Salon fermera ses portes dimanche soir.

Le courroux des organisateurs doit pouvoir s'expliquer par le coût de leur communication, là où, gratuitement et sans agence de communication, la cyber-action a recueilli plus de 25.000 visites en cinq jours seulement et 250 commentaires, pour un site désormais étendard du mouvement anti-OGM à un niveau national.

La place du débat

La cyber-action s'appuie également, article après article, le positionnement supposé ou avéré de la Chambre d'Agriculture sur les OGM, sur les biotechnologies, sur les pesticides, un positionnement qui n'apparait nulle part sans cela. Les organisateurs se sentent-ils coupables de diffamation ?

"Un salon n'est pas forcément l'endroit d'un débat public. Traiter le problème de fond, sur les OGM en particulier, on le fera, mais plus tard. De toute façon, il y a très peu de gens au Pays basque qui pratiquent la culture OGM parce que nous avons la chance de ne pas avoir de problème de production sur nos sols ici", explique Marc Aramendi de la Chambre d'agriculture du département.

Avant de rajouter : "Ces opposants sont très imaginatifs, cela faisait déjà plus d'une semaine que nous avions déposé une plainte contre eux mais ils savent parfaitement rester dans la légalité. Ils auront toujours une longueur d'avance sur nous, on est bien obligé de relativiser tout ça. On espère juste que, sur le Salon, samedi, ça se passera bien. Mais on n'en sait rien."

Et de conclure : "Jamais vous n'entendrez des propos comme ça venant de notre part concernant Lurrama".

Les auteurs de la cyber-action restant indétectables, toute comparaison ou accusation n'engagera bien entendu que les auteurs de cette déclaration...

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