Société

SIX PRÉVENUS

Le tribunal déclare les 6 prévenus dans l'affaire Kako coupables

13/03/2008

Le Tribunal a rendue sa décision cet après-midi sur l'affaire Kako. Les six prévenus ont été considérés coupables et se sont vus infliger des peines plus lourdes que celles requises par le parquet.

Le tribunal de Bayonne (Baiona) a prononcé aujourd'hui son jugement quant à l'affaire Kako, qui poursuit cinq paysans d'ELB (Euskal Laborarien Biltzarra) et une salariée agricole pour des faits de violence lors d'un rassemblement à Saint-Palais/Donapaleu (Pays Basque) le 17 janvier dernier.

Lors d'une audience au tribunal de Bayonne le 21 février dernier, qui avait duré environ dix heures, le procureur de la République Patrick Michel avait requis pour cinq prévenus des peines de jours-amende, c'est-à-dire des peines de prison "payables" sous forme d'amende, d'un montant de 600 à 1.800 euros, et deux mois de prison avec sursis pour le sixième.

Finalement, le Tribunal a rendu sa décision cet après-midi. D'après ce dernier, tous sont considérés coupables dans cette affaire. Pour trois d'entre eux, la peine requise a été allégée et pour les trois autres au contraire, la peine a été allourdie.

Voici les condamnations annoncées à l'encontre des six prévenus:

F. Irigoyen : 500€ d'amende
M. Dunate: 500€ d'amende
V. Brunet: 600€ d'amende

J.M Ayçaguer: 2 mois avec sursis
B. Etcheto : 2 mois avec sursis et 1 850€ de dommages et intérêts
F. Larrañaga : 4 mois avec sursis et 4 350€ de dommages et intérêts.

Les six prévenus ont dix jours pour faire appel.

Rappel des faits

Les six personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue le 30 janvier pour faits de "violences volontaires en réunion, d'outrage, de vols et de dégradations", suite aux incidents qui ont eu lieu lors d'un rassemblement le 17 janvier à Saint-Palais (Donapaleu) et qui ont blessé deux gendarmes.

Les paysans rassemblés ce jour montraient leur opposition vis-à-vis de l'avis du Comité technique de la Safer, qui avait décidé d'attribuer la ferme Kako d'Ainharp à un jeune couple, en expulsant un autre jeune couple, qui exploitait la ferme depuis plus de 2 ans.

Ils avaient demandé un entretien afin d'obtenir des explications de la part du comité technique de la Safer. Un refus leur ayant été opposé, il s'en est suivi quelques bousculades et échauffourées avec les gendarmes.

Lors de sa visite à Pau, le 22 janvier, le président français Nicolas Sarkozy avait mentionné les deux gendarmes blessés lors de ce rassemblement dans un discours qui dénonçait le "racisme" des "terroristes" faisant référence aux policiers espagnols assassinés à Capbreton.

"Quand des manifestants disent 'on va taper des Arabes' j'ai honte pour eux. Que ceux qui ont fait ça s'attendent à ce qu'on les attrape et qu'on les punisse", avait déclaré Nicolas Sarkozy. Ce douteux amalgame entre le rassemblement de St-Palais et le terrorisme de la bande armée ETA a suscité de nombreuses critiques.

Le syndicat ELB et le groupement foncier agricole mutuel GFAM lurra ont réuni les signatures de 575 élus ruraux dont 58 maires demandant la relaxe des six prévenus et considérant que les accusations étaient exagérées. En plus, ils ont regretté que l'affaire Kako soit devenue une "affaire d'Etat" au lieu d'être une simple affaire sociale suite à la prise de position du président de la République lors de sa visite à Pau.

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