Société

FERME KAKO D'AINHARP

Affaire Kako: six interpellations en Pays Basque nord

30/01/2008

Mercredi soir, les détenus étaient toujours entendus par les enquêteurs de la gendarmerie. Le procureur de la République de Bayonne/ Baiona, Patrice Michel, a prolongé leur garde à vue.
Incident de Saint-Palais/Donapaleu le 17 janvier. Photo: EiTB

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Incident de Saint-Palais/Donapaleu le 17 janvier. Photo: EiTB

Six personnes ont été interpellées mercredi matin en Basse Navarre et Soule (Pays Basque nord) dans le cadre de l'affaire Kako. Les détenus, interpellés vers 6h00 du matin ont été transférés postérieurement au commissariat de Pau. Les faits pour lesquels ils ont été placés en garde à vue sont les suivants: violence volontaire en réunion (deux gendarmes ont été blessés), outrage, vol et dégradation, lors du rassemblement le 17 janvier dernier à Saint-Palais/Donapaleu, a précisé le procureur. Une décision sera prise jeudi si un acte de poursuite sera engagé ou non et sur le mode de comparution.

La police a interpellé Fred Larrañaga, qui habite actuellement la ferme Kako, et cinq autres personnes. Environ 300 personnes se sont rassemblées mercredi matin à Ainhice-Mongelos/Ainhize-Monjolose pour protester contre les interpellations.

Le 17 janvier dernier des manifestants avaient protesté à Saint-Palais/Donapaleu contre l'avis du Comité technique de la Safer, qui avait décidé d'attribuer la ferme Kako d'Ainharp au jeune couple Gilles Gachen et Lydia Lahargoue, en expulsant un autre jeune couple, Fred Larrañaga et Jasmine.

Suite à l'appel du groupement foncier agricole mutuel GFAM lurra et le syndicat agricole basque ELB, des centaines de personnes s'étaient rassemblées ce jour pour soutenir Fred et Jasmine devant la Safer. Mais malgré ces actions de solidarité, le Comité technique en a décidé autrement. Après avoir annoncé à la foule présente la décision du Comité, attribuant à Lydia et Gilles Gachen la ferme Kako, au détriment de Fred et Jasmine, des heurts ont éclaté entre la foule et les forces de l'ordre. Deux gendarmes ont été blessés. Quelques jours plus tard la Safer a décidé de se dessaisir de la vente.

Le syndicat ELB et GFAM Lurra ont dénoncé lundi, lors d'une conférence de presse à Bayonne/Baiona, la manipulation dans l'affaire Kako, tout en mettant en avant la possibilité d'une "vague d'interpellations".

Lors de sa visite à Pau, le 22 janvier, le président français Nicolas Sarkozy avait mentionné ces deux gendarmes blessés dans un discours qui dénonçait le "racisme" des "terroristes" faisant référence aux policiers espagnols assassinés à Capbreton.

"Quand des manifestants disent 'on va taper des Arabes' j'ai honte pour eux. Que ceux qui ont fait ça s'attendent à ce qu'on les attrape et qu'on les punisse", avait déclaré Nicolas Sarkozy.

Ce douteux amalgame entre le rassemblement de St-Palais et le terrorisme de la bande armée ETA a suscité des critiques.

"Il est étonnant et inquiétant que le président soit si mal renseigné sur le dossier. Les amalgames diffamatoires sont intolérables et absurdes, le GFA est là pour favoriser l'installation de nouveaux fermiers quelles que soient leurs origines" a souligné le syndicat ELB invitant le président "à venir découvrir la dynamique d'installation en Pays Basque porté par le GFAM qui a soutenu des installations d'Ardenais, de Bretons, de Béarnais et d'Alsaciens".

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