Economie

VOEUX DU PRÉSIDENT

Nicolas Sarkozy, président du pouvoir d'achat ?

17/01/2008

"De nouveau, c'est de la faute aux salariés s'ils ne gagnent pas assez, ils ne travaillent pas assez", a déploré Bernard Thibault. Quant à F.O, le syndicat appelle tous les salariés à manifester le 24 janvier.

"Pas de pouvoir d'achat sans travail!" Confronté à la déception des Français sur leur pouvoir d'achat, en partie à l'origine de son recul dans les sondages, Nicolas Sarkozy a refusé de changer de braquet et répété jeudi qu'il n'y aurait pas d'amélioration du niveau de vie sans "contrepartie" et sans "travail supplémentaire".

"Lorsqu'on veut faire croire aux Français qu'il serait possible de distribuer du pouvoir d'achat sans travail supplémentaire et sans réformes, je reconnais la démagogie qui a fait tant de mal à notre pays depuis trois décennies!", s'est défendu le chef de l'Etat lors de ses voeux aux "forces" de la Nation à l'Elysée.

"La vérité, la voilà: promettre davantage de pouvoir d'achat sans aucune contrepartie, c'est la certitude d'avoir encore un peu moins de pouvoir d'achat demain, sous le poids de prélèvements obligatoires qui augmenteront et d'une dette qui s'accumulera", a-t-il averti.

"Comment répondre à l'aspiration bien compréhensible des Français à l'augmentation du pouvoir d'achat sans leur permettre de travailler davantage? Quand je parle du travail, qu'est-ce que c'est si ce n'est de la condition pour augmenter le pouvoir d'achat?", a-t-il ajouté.

"Je souhaite être un président qui tient ses engagements" et qui, "quand il agit, agit vraiment", a réaffirmé celui qui avait promis durant la campagne électorale d'être "le président du pouvoir d'achat".

Réactions des syndicats suite au discours de Nicolas Sarkozy

"Il y a là (...) un discours culpabilisateur sur le pouvoir d'achat que je n'accepte pas", a dénoncé jeudi Bernard Thibault après les voeux du président de la République aux "forces" de la Nation.

"De nouveau, c'est de la faute aux salariés s'ils ne gagnent pas assez, ils ne travaillent pas assez", a déploré le secrétaire général de la CGT.

"Dans une période où la question du pouvoir d'achat, du niveau des salaires, du niveau des retraites, monte avec autant d'intensité au point que, je l'espère, nous allons pouvoir décider d'actions syndicales importantes pour le début du mois de février, on pouvait s'attendre aujourd'hui à ce que le président de la République entende ce qui monte dans le pays", a-t-il ajouté.

Constatant que c'est "le contraire" qui s'est produit, le patron de la CGT a conclu que le discours du chef de l'Etat "ne restera(it) pas dans les annales".

Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a estimé de son côté qu'il n'y avait "rien de nouveau sur le pouvoir d'achat" dans le discours de Nicolas Sarkozy. "Le président de la République veut mettre la France en mouvement, eh bien il y aura une première réponse le 24 janvier", a-t-il mis en garde, rappelant que "Force ouvrière appelle les salariés du public mais aussi du privé à manifester (ce jour-là) pour le pouvoir d'achat".

Redoutant un "tour de vis, d'une manière ou d'une autre (...) après les municipales" et un "pass(age) en force sur certaines réformes avant la présidence de l'Union européenne" dans un contexte économique en dégradation, Jean-Claude Mailly a prévenu "que l'année 2008 sera(it) une année chargée".

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