08/10/2008
Les principales banques centrales d'Europe et d'Amérique du Nord ont diminué leurs taux d'intérêts mercredi dans une rare tentative concertée d'enrayer la crise financière. Mais après un bref rebond, les marchés sont repartis à la baisse.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a réduit son principal taux directeur d'un demi-point, à 1,5%, la Banque centrale européenne (BCE) également, à 3,75%, ainsi que la Banque d'Angleterre, la Banque centrale suédoise et la Banque du Canada, tandis que la Banque nationale suisse diminuait le sien d'un quart de point.
1ière action coordonnée depuis le 11 septembre
C'était la première action coordonnée de ce genre depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. "La récente intensification de la crise financière a accru les risques de chute des cours", s'est justifiée la Fed dans un communiqué.
L'annonce de cette action concertée des banques centrales a provoqué un rebond sur les places financières européennes à la mi-journée, mais elle n'a pas suffi à rassurer les investisseurs: le répit a été bref et les cours sont largement repartis à la baisse dans l'après-midi.
Au même moment, en Chine, pour la deuxième fois en moins d'un mois, le taux des prêts à un an a été abaissé de 0,27 point à 6,93% afin de stimuler la croissance économique. Pékin ne s'est pas joint au communiqué commun des six autres banques centrales. De son côté, la Banque centrale du Japon applaudissait la baisse des taux d'intérêts tout en refusant de suivre le mouvement. Mardi, elle avait maintenu son taux, déjà très bas, à 0,5%.
A New York, deux heures après l'ouverture de Wall Street, le Dow Jones reculait de plus de 220 points (1,27%). Dans la matinée, l'indice Nikkei de la bourse de Tokyo avait terminé en baisse de 9,4%, à 9.203,32, son plus bas niveau en clôture depuis juin 2003. En l'espace de deux semaines, il a dégringolé de 24%.
En Russie, après les fortes baisses enregistrées dès l'ouverture, les deux indices boursiers russes, le MICEX et le RTS, qui ont perdu respectivement 14% et 11,3% en une demi-heure, ont été suspendus, jusqu'à vendredi pour le premier, sans date de reprise pour le second.
En Grande-Bretagne, les titres de plusieurs banques ont toutefois grimpé en flèche mercredi après l'annonce d'un plan gouvernemental de 50 milliards de livres (64 milliards d'euros) pour la nationalisation partielle de grandes banques. Les autorités ont aussi promis de garantir les prêts bancaires à hauteur de 250 milliards de livres (320 milliards d'euros) pour soutenir le secteur. Quant à la Banque d'Angleterre, elle a ouvert une ligne de crédit de 200 milliards de livres sterling (350 milliards de dollars) pour subvenir aux besoins des banques en liquidités.
Au Nord, l'Islande continue de enfoncer dans la crise financière, le Premier ministre évoquant un risque de "faillite nationale". Les difficultés des grandes banques du pays engendrent des tensions diplomatiques, Londres ayant décidé de garantir les dépôts des quelques 300.000 épargnants britanniques chez Icesave, filiale en ligne de Landsbanki, qui menace de faire faillite. Le Premier ministre Gordon Brown a annoncé mercredi que le gouvernement pourrait lancer des poursuites judiciaires pour récupérer cet argent. Son homologue islandais Geir Haarde a dit travailler à une "solution mutuellement satisfaisante".
Dans ce contexte mondial peu réjouissant, le Fonds monétaire international a abaissé mercredi de près d'un point ses prévisions pour l'ensemble des économies développées, dont la croissance n'attendrait que 0,5% l'an prochain, avec 0,1% aux Etats-Unis et 0,2% dans la zone euro. Concernant la France, le FMI a annoncé une très nette révision de ses prévisions de croissance, estimant que le PIB (produit intérieur brut) ne progresserait que de 0,8% cette année et de 0,2% en 2009. La croissance serait même négative l'an prochain en Italie (-0,2%), en Espagne (-0,2%) et en Grande-Bretagne (-0,2%).
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