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À EVIAN

Sarkozy et Medvedev veulent remettre à plat la sécurité européenne

08/10/2008

Sarkozy voudrait convoquer un sommet de l'OSCE pour définir avec la Russie un nouveau "cadre de sécurité". Il s'est aussi félicité du retrait des forces russes des zones tampon de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.
Nicolas Sarkozy et Dimitri Medvedev à Evian. Photo: EFE

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Nicolas Sarkozy et Dimitri Medvedev à Evian. Photo: EFE

Lors de la clôture de la "World Policy Conference" organisée par l'Institut français des relations internationales (IFRI), Nicolas Sarkozy et Dimitri Medvedev ont plaidé mercredi à Evian pour une remise à plat du système de sécurité européen, "de Vladivostok à Vancouver", selon l'expression du président russe, son homologue français proposant la convocation d'un sommet de l'OSCE sur ce sujet "avant la fin de l'année 2009".

Dimitri Medvedev confirmait aussi le retrait des "forces de paix russes" des zones tampon autour de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud "aujourd'hui, d'ici minuit". Sur le terrain, les forces russes ont effectivement commencé à se retirer de leurs positions en Géorgie, qu'elles occupaient depuis le 8 août.

Reprise des négociations entre l'UE et la Russie

"La mise en oeuvre intégrale des accords du 12 août et du 8 septembre ouvrent la perspective à la reprise de la négociation d'un accord cadre ambitieux" entre l'Union européenne et la Russie, a affirmé Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne. Il a souhaité que cet accord "trace le chemin vers un véritable espace économique et humain commun entre la Russie et l'Union européenne".

"Il y a eu une intervention militaire géorgienne qui a été une erreur, mais la réaction de l'armée russe a été disproportionnée", a jugé le président français, ajoutant: "je ne crois pas que soit acceptable la reconnaissance par Moscou des indépendances autoproclamées" de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. "Il faut désormais sur le terrain que les parties s'abstiennent de toute provocation et respectent le travail des observateurs internationaux." Mais "je ne regrette pas d'avoir fait le pari de la confiance et du dialogue", a insisté Nicolas Sarkozy.

"La relation entre la Russie et l'Union européenne vient de traverser une rude épreuve", a-t-il toutefois déploré. "Construire la confrontation entre nous serait folie", car "la raison commande à l'Europe et à la Russie d'être l'une pour l'autre des partenaires stratégiques", a plaidé le président français. Dans ce cadre, la sécurité est "un autre champ naturel de coopération" entre les deux blocs.

Convocation d'un sommet de l'OSCE avant la fin de l'année 2009

Dès lors, Nicolas Sarkozy a proposé mercredi la convocation d'un sommet de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) "avant la fin de l'année 2009" afin de définir avec la Russie un nouveau "cadre de sécurité" paneuropéen, et "remettre à plat tout ce qui concerne la sécurité de notre continent".

Ce nouveau cadre comporterait selon lui des "arrangements de sécurité notamment dans le domaine des armes non-conventionnelles", et devrait "permettre la résolution pacifique des différends, parce que la crise géorgienne nous a appris qu'un conflit prétendument gelé peut vite dégénérer en guerre ouverte". Mais "ce dialogue dans lequel nous sommes prêts à entrer avec la Russie doit associer nos amis et alliés américains", a prévenu le président français. Car "si on parle sécurité de Vladivostok à Vancouver, cela concerne aussi nos alliés". "Je ne prends pas mes instructions en Amérique mais l'Amérique c'est notre amie et nos alliés", a insisté Nicolas Sarkozy devant Dimitri Medvedev.

De même, "la sécurité en Europe dépend aussi du renoncement définitif à l'ambition de 'sphères d'influence'", a-t-il averti. "Ne l'oublions pas: 'l'étranger proche' de la Russie est souvent aussi celui de l'Union européenne." Dès lors, "notre voisinage commun doit être un champs de coopération, pas un terrain de rivalité".

La Russie est ouverte à la coopération

Nicolas Sarkozy répondait ainsi à une demande exprimée par M. Medvedev. "La Russie est ouverte pour la coopération", avait assuré le président russe, appelant à "abandonner la rhétorique de confrontation". "Il faut accélérer la construction de l'architecture européenne de sécurité, car sinon cela ne va que se dégrader", a-t-il averti, plaidant pour la négociation d'un nouveau traité de traité de sécurité "de Vladivostok à Vancouver" dans un discours aux accents très anti-américains.

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