07/10/2008
Gaël Mocaer paraissait un peu mal à l'aise, à quelques minutes de se confronter en public avec ce documentaire qu'il a réalisé sur la salle de cinéma, voisine, de l'Atalante de Bayonne : programmé en séance spéciale dans le cadre du Festival de Biarritz "Cinémas et Cultures d'Amérique Latine", il devait sans doute repenser aux trois années passées à travailler sur ce projet de décrire le quotidien d'une salle de cinéma de quartier, entre angoisse économique et combat culturel.
Absent de sa 1ère projection publique au Chili lors du Festival d'Antofagasta en août dernier, le réalisateur se préparait donc à recevoir - pour la première fois - l'avis du public, au milieu duquel se trouvaient les protagonistes du film, à savoir les salariés du cinéma L'Atalante venus - non sans angoisse eux-même - découvrir ce long-métrage : seuls quelques extraits sur le site Internet du film leur avaient donné la possibilité d'imaginer - partiellement - le ton du film.
Un film très attendu
Une assistance très importante s'était donc donnée rendez-vous devant les portes du Casino de Biarritz pour cette séance spéciale, que le Délégué du Festival, Marc Bonduel, s'empressait de justifier : "Ce film particulier et très attendu que vous allez voir est français, certes, mais il sera projeté dans sa version sous-titrée espagnole, ce qui me semble tout à fait approprié pour notre public latino-américain qui est dans la salle. Mais c'est difficile de trouver un meilleur film sur la diversité culturelle que celui qu'a fait Gaël, un film que, par ailleurs, j'aime beaucoup".
Gaël Mocaer, sur la scène, s'adressa ensuite au public pour le remercier d'être venu en nombre, surtout" lorsque cela fait trois ans que l'on travaille tout seul sur un film et qu'on se rend compte malgré tout que le public est présent à ce rendez-vous". Puis souhaita "bon courage" aux salariés de l'Atalante qui allaient se découvrir dans le film : une attention qui ravit les 400 spectateurs, bien calés dans les fauteuils confortables du Casino de Biarritz.
Beaucoup de rires... et d'émotions
Une heure et demie durant, le public exprima chaleureusement son plaisir de voir se débattre les protagonistes du film : entre tentatives enragées de contrarier les difficultés de la salle et petits moments de tous les jours d'une équipe de travail soudée, la bonne humeur avait gagné les rangs du public.
Mais l'émotion restait présente, notamment devant certains moments plus difficiles, où l'avenir des uns et des autres semblent se jouer à la virgule près sur les touches d'une calculette.
A la fin du film, une ovation de plusieurs minutes salua chaleureusement le travail du réalisateur, visiblement ému, comme l'étaient également les salariés de l'Atalante : regroupés à l'extérieur de la salle, ils répondaient timidement aux félicitations de proches, mais également de spectateurs touchés par le propos du film.
Les prochaines étapes du NO POPCORN TOUR
Toujours sans distributeur pour le territoire national, le film continue vaillamment son périple : la prochaine projection se passera à Paris, le 13 novembre, pour la Conférence annuelle des Exploitants européens de cinémas, regroupés dans le réseau Europa-Cinémas.
Il s'agira à ce moment-là de confronter les questionnements du film à des professionnels qui vivent - ou non - le même genre de difficultés dans leurs propres salles.
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