Economie

GRÊVES UNITAIRES

La Belgique lance la semaine européenne de contestation sociale

05/10/2008

D'importantes perturbations sont attendues dans les transports de Belgique pour dénoncer l'augmentation du coût de la vie et le gel des salaires. La France débrayera massivement mardi.
La grogne sociale s'étend à tous les pays européens. Photo : EFE

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La grogne sociale s'étend à tous les pays européens. Photo : EFE

"Nous attendons depuis deux ans d'avoir une réponse du gouvernement sur notre pouvoir d'achat. Maintenant nous passons à l'action", a expliqué Rudy de Leeuw, président du syndicat FGTB-ABVV, l'une des trois organisations appelant à cette grève.

Conséquence pour les usagers: les trains à grande vitesse Eurostar et Thalys reliant Bruxelles à Londres, Amsterdam et Paris interrompront leurs services dimanche soir, de même que les chemins de fer belges.

Les trains de banlieue, les métros et les services de bus seront eux aussi inopérants, ce qui devrait inciter nombre d'usagers à utiliser leur voiture pour aller travailler.

Plusieurs services publics, notamment les services postaux et certaines écoles, seront également suspendus lundi dans tout le pays.

Les syndicats patronaux ont averti qu'ils saisiraient les tribunaux si des piquets de grève empêchaient les salariés de rejoindre leur lieu de travail ou les entreprises de fonctionner.

Mardi, en France, mobilisation sociale tous azimuts contre la politique du gouvernement

A l'occasion de la "Journée mondiale de mobilisation pour le travail décent", six syndicats appellent à des manifestations, mardi un peu partout en France, sur fond de crise financière et de signes de remontée du chômage, avec un très large éventail de revendications: emplois, salaires, conditions de travail, protection sociale, retraites et défense des services publics.

Des mouvements de grève toucheront localement les services publics, dont l'Education nationale et particulièrement le second degré, Air France, France Télécom ou encore la SNCF.

La CGT annonce 88 manifestations dans tout le pays. A Paris, le défilé aura lieu mardi en fin d'après-midi entre le pont de l'Alma et la place du Trocadéro où un "grand meeting-concert" est prévu en début de soirée. Les principales organisations lycéennes et étudiantes appellent également à se joindre à la mobilisation.

Il s'agira de la première journée de mobilisation interprofessionnelle depuis la fin des vacances d'été. Alors que la Confédération syndicale internationale (CSI) a décidé de faire du 7 octobre la "Journée mondiale pour le travail décent" avec des manifestations dans de nombreux pays, la mobilisation en France prendra pour cible la politique mise en oeuvre par le gouvernement.

Un mot d'ordre unitaire

Les six organisations syndicales (CGT, CFDT, CGC, FSU, Solidaires et UNSA) entendent ainsi permettre aux "salariés dans toutes les professions et sur tout le territoire d'affirmer l'exigence d'emplois de qualité (...) de salaires revalorisés, d'amélioration des conditions et de la durée du travail respectant la santé et la dignité des personnes, d'une protection sociale et de retraite garantie et de haut niveau, de services publics efficaces et contribuant à la cohésion sociale".

"Pas de cadeaux pour la politique de Sarkozy"

Pour les organisations syndicales, le gouvernement ne doit pas uniquement chercher dans la crise internationale les raisons des difficultés sociales et économiques que connaît la France.

Nicolas Sarkozy "a tendance à grossir une partie de l'impact de la crise financière pour s'exonérer d'un débat sur sa propre politique économique et sociale", a ainsi lancé vendredi le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault sur I>télé, en fustigeant un gouvernement "spécialiste de la plomberie financière".

Evoquant les exonérations de cotisations sociales aux entreprises, Bernard Thibault juge qu'"on ne peut pas attribuer à la seule crise internationale des éléments qui sont dus à des choix de politique intérieure". "Les salariés payent la facture (...) en matière de pouvoir d'achat, de précarité d'emploi, et ça risque de s'aggraver si nous ne sommes pas plus nombreux à faire pression", a ajouté le dirigeant de la CGT, appelant à la mobilisation pour mardi.

"La montée du chômage a commencé à se faire sentir en France avant la dernière crise internationale et le gouvernement ne peut pas rendre cette crise responsable de la situation de l'emploi en France", renchérit à l'Associated Press Marcel Grignard, secrétaire confédéral de la CFDT.

Quant au secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU), Gérard Aschieri, il estime que la crise financière "est une raison supplémentaire de se mobiliser". "Cela renforce nos arguments contre toute cette orthodoxie financière qui sert à justifier tout un tas de mesures que nous combattons, et qui commence à montrer son inefficacité", dit-il dit à l'AP. Et de citer en exemple le fait de "mettre plein d'argent dans les banques tout en continuant à supprimer des services publics et en refusant d'augmenter les salaires"

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