03/10/2008
Les deux derniers syndicats réfractaires au projet de reprise d'Alitalia ont signé lundi le plan visant à vendre les actifs de valeur de la compagnie aérienne à un groupe d'investisseurs italiens. Mais la compagnie aérienne irlandaise Ryanair a déposé une plainte auprès de la Commission européenne contre le plan de sauvetage, qu'elle juge "illégal", de sa concurrente italienne Alitalia.
En début de semaine, un accord global est intervenu
La signature des syndicats AVIA et SDL, qui représentent principalement le personnel naviguant, est intervenue après une réunion entre les investisseurs de la Compagnie aérienne italienne (CAI) et des représentants du gouvernement italien, ont annoncé les services du président du Conseil Silvio Berlusconi.
L'ensemble des neuf syndicats représentant le personnel de la première compagnie aérienne italienne soutiennent désormais le plan de reprise. Les pilotes, qui ont longtemps été réticents, l'ont approuvé la semaine dernière après des concessions de la part des repreneurs sur le nombre des licenciements.
La CAI, emmenée par Roberto Colaninno, président de Piaggio, a promis d'injecter un milliard d'euros dans Alitalia, de se débarrasser de ses actifs non rentables et de la fusionner avec la deuxième compagnie italienne, Air One.
Les repreneurs recherchent également une compagnie internationale, peut-être Air France-KLM ou la Lufthansa, pour prendre une participation minoritaire dans Alitalia.
L'administrateur nommé après le dépôt de bilan de la compagnie le 29 août, Augusto Fantozzi, a indiqué la semaine dernière qu'une nouvelle Alitalia pourrait voir le jour à la mi-octobre, et que d'ici là la compagnie devrait pouvoir continuer à voler.
Une plainte à l'Europe pour "concurrence illégale"
La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a annoncé jeudi 2 octobre avoir déposé une plainte auprès de la Commission européenne contre le plan de sauvetage, selon elle, "illégal" de sa concurrente italienne Alitalia.
Dans un communiqué, Ryanair a jugé que ce plan, qui prévoit le rachat d'Alitalia par un groupe de patrons italiens, avec la bénédiction du gouvernement, était une nouvelle illustration "de la protection illégale dont les compagnies nationales continuent à bénéficier de la part de leurs Etats, à hauteur de plusieurs milliards d'euros".
Ce plan de reprise prévoit un rachat des activités de transport de passagers d'Alitalia et leur fusion avec Air One, la deuxième compagnie de la Péninsule.
La dette de près d'1,2 milliard d'euros d'Alitalia doit en revanche être reprise par une seconde société qui sera liquidée, et l'endettement sera supporté in fine par les contribuables italiens, un artifice dénoncé par la compagnie irlandaise, qui y voit une aide d'Etat déguisée.
Le directeur juridique de Ryanair, Jim Callaghan, s'est cependant dit certain que "la Commission donnera son blanc seing à ce sauvetage, comme elle l'a déjà fait il y a trois ans lors d'un cas similaire concernant (la compagnie grecque) Olympic Airlines", et l'a accusée en substance d'entretenir, au mépris des règles de la concurrence, des compagnies nationales qui auraient du faire faillite depuis longtemps.
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