Economie

CRISE FINANCIÈRE

Le gouvernement prêt à puiser dans les fonds du livret A

01/10/2008

Cette mesure se ferait "en garantissant le financement du logement social", assuré par le livret A, ainsi que les dépôts des épargnants. La gauche et certains UMP sont restés sceptiques.
Le Premier ministre François Fillon. Photo: EFE

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Le Premier ministre François Fillon. Photo: EFE

La proposition de Français Fillon, consistant à orienter une partie des surplus du livret A vers le financement des PME, a suscité un tollé dans l'opposition et parmi les syndicats.

Cette mesure se ferait "en garantissant le financement du logement social", assuré par le livret A, ainsi que les dépôts des épargnants, a ajouté le chef du gouvernement. Les fonds déposés sur les livrets A, produit d'épargne préféré des Français, s'élevaient à 128,1 milliards d'euros fin juillet, en hausse de 9,8% sur un an.

"Nous envisageons de regarder comment orienter une partie du surplus de collecte du livret A, qui est lié à la crise financière d'aujourd'hui, vers les PME", a déclaré le Premier ministre lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, confirmant des propos tenus le matin-même dans le quotidien "Les Echos".

Réactions

Certains UMP sont aussi restés sceptiques. "Techniquement, je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure des solutions", a estimé François Goulard.

La gauche n’a pas été non plus convaincue. "Il faut mobiliser l'épargne mais les excédents du livret A n'y suffiront pas, d'autant que sa vocation est le logement social", a répondu le Premier secrétaire du PS François Hollande.

FO Communication s'est indignée contre "ce qui serait un détournement de fonds sans précédent". "Avec ce retour scandaleux à l'emprunt forcé, les épargnants, et parmi eux les plus modestes, seraient spoliés deux fois: sur la garantie de leur épargne, et sur leur possibilité de se loger. La dimension immorale de l'opération n'échappera à personne. Les économies des Français ne doivent pas devenir l'assurance tout risque du libéralisme financier!", dénonce le syndicat dans un communiqué.

Appel à l’unité nationale contre la crise

Devant les députés, M. Fillon a renouvelé son appel à l'unité nationale face à cette crise "sans précédent". Il n'a pas été entendu. Au nom du PS, François Hollande a accusé le gouvernement d'avoir "sous-estimé" depuis un an l'impact de la crise financière. Le député de Corrèze a transmis au Premier ministre la demande, formulée par les partis de gauche, d'un débat au Parlement sur la crise.

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