Politique

BAYONNE

Manifestation de Batasuna qui redoute son interdiction en France

27/09/2008

2.000 personnes ont manifesté samedi à Bayonne. Le porte-parole de Batasuna, Xabi Larralde a accusé la France de mettre en branle l'interdiction sur son sol de Batasuna, comme le souhaiteraient les autorités espagnoles.

Deux mille personnes ont manifesté samedi à Bayonne à l'appel de Batasuna pour dénoncer les interpellations mercredi de 14 membres de ce parti indépendantiste basque, qui ont tous été remis en liberté sans charges vendredi soir et marchaient en tête de cortège. Le porte-parole de Batasuna, Xabi Larralde a accusé la France de mettre en branle l'interdiction sur son sol de Batasuna, comme le souhaiteraient les autorités espagnoles.

"Mauvaise nouvelle pour les journaux qui aiment les scoops: la perquisition n'a pas permis de découvrir de caches d'armes, ni d'explosifs", a lancé M. Larralde devant les locaux du parti qui ont été perquisitionnés pendant trois jours. "Mais les policiers ont trouvé en revanche des tonnes de documents sur la situation économique en Iparralde (Pays Basque nord), des projets d'aménagement du territoire et de multiples propositions de paix", a-t-il poursuivi.

Le dirigeant du parti basque interdit en Espagne depuis 2003 mais pas en France a demandé aux élus de "se positionner contre l'illégalisation" (sic) de Batasuna. "L'heure n'est plus à la politique de l'autruche", a lancé Xabi Larralde en prévenant qu'il "ne s'agit pas de s'engager pour le projet politique de Batasuna mais de défendre un droit élémentaire qui est la base de la démocratie".

Il a fustigé la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie "qui est basque et qui défend une idéologie jacobine vieille de 200 ans et aujourd'hui décalée". "Un jour, les Français seront obligés de reconnaître le plus vieux peuple d'Europe", a clamé Xabi Larralde en arguant que la France "est un des derniers Etats d'Europe à ne pas reconnaître ses minorités".

Le porte-parole de Batasuna s'en est également pris à la juge antiterroriste Laurence Le Vert qui a supervisé les perquisitions au siège de Batasuna, soulignant sa "collaboration étroite avec les Espagnols" et le juge madrilène de l'Audience nationale Baltasar Garzon, dont "la logique consiste à ce que tout le mouvement abertzale (nationaliste) soit susceptible d'être (estampillé) ETA".

Le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero avait déclaré jeudi à New York qu'il "n'excluait pas" de demander à la France d'interdire également Batasuna sur le sol français.

Enfin, Xabi Larralde a déploré que "des médias aient donné en pature une photo avec des militants de Batasuna menottés", exprimant le souhait "qu'un jour, d'autres photos montreront le tapis rouge déroulé devant les militants de Batasuna, lorsqu'ils seront reçus à l'Union européenne ou à l'ONU".

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