Politique

SUR FOND DE CRISE BOURSIÈRE

Nicolas Sarkozy se présente comme le dernier rempart à la crise

26/09/2008

Le chef de l'Etat français s'est évertué à rassurer ses concitoyens, en prenant de nombreux "engagements solennels" : il s'est aussi engagé à protéger les Français de ses effets, mais également à accentuer les réformes.
Le Chef de l'Etat a tenu à rassurer les victimes de ces pratiques financières  de folie. Photo : EFE

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Le Chef de l'Etat a tenu à rassurer les victimes de ces pratiques financières de folie. Photo : EFE

Le parterre de personnalités - élus, responsables socio-économiques ou militants UMP - réunies à Toulon devant Nicolas Sarkozy semblait attentif mais tout gagné à la confiance de cette première déclaration du Président français sur le cataclysme financier qui secoue le monde de la finance : tandis que la Présidente du Medef usait de superlatifs pour le comparer à un "11 septembre financier", le chef de l'Etat a longuement détaillé son diagnostic d'une crise causée par "capitalisme perverti" et s'est prononcé, comme il l'avait fait à New York, pour une "remise à plat" de l'ensemble du système financier international.

Un discours de plus d'une demi-heure

Le maître mot de l'allocution de Nicolas Sarkozy aura été la "vérité", seul capable à ses yeux de "rétablir la confiance" et de "vaincre la peur" qui s'est emparée des Français.

"Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat", a-t-il asséné.

La crise "est en train de bouleverser le monde", elle "n'est pas finie", "ses conséquences seront durables" et la France ne sera pas "à l'abri", a posé d'entrée le président.

"Nous venons de passer à deux doigts de la catastrophe", a-t-il dit, à la veille de la présentation, vendredi, du projet de budget 2009-2011.

De bien sombres schémas d'avenir pour les chefs de multinationales ?

Nicolas Sarkozy a dénoncé les défaillances d'un "capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir".

Entre autres "cibles", il a visé les rémunérations des dirigeants d'entreprises et des opérateurs financiers, comme les "parachutes dorés", qui "doivent désormais être encadrés" pour mettre fin aux "abus" et aux "scandales". A défaut d'accord entre professionnels, le gouvernement "règlera le problème par la loi avant la fin de l'année", a-t-il menacé.

Nicolas Sarkozy a également réaffirmé sa volonté de voir "les responsables de ce naufrage" sanctionnés, "au moins financièrement".

Les remèdes à apporter à ce "mal profond"

Nicolas Sarkozy a souhaité que le sommet international qu'il a proposé à ses pairs en novembre soit l'occasion d'une "remise à plat" complète du système, "comme on le fit à Bretton-Woods après la Seconde Guerre mondiale".

Mais il a aussi estimé que la crise "appelle à accélérer le rythme des réformes et non à le ralentir".

M. Sarkozy a ainsi confirmé le lancement d'une deuxième étape de la réforme de l'Etat, de celles des collectivités locales et de la taxe professionnelle, tout comme la suppression de "30.600 emplois publics" en 2009.

A la veille de présenter un projet de budget 2009-2011 rendu délicat par une croissance en berne, il a refusé toute "hausse des impôts et des taxes qui réduirait le pouvoir d'achat des Français".

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