25/09/2008
Dans la journée d’hier, près d’un millier de poissons morts retrouvés dans le port fluvial de Lahonce sont venus s’additionner aux centaines de cadavres que notre région compte depuis plus d’une semaine.
Alors qu'il semblait probable que cette attaque bactériologique soit la conséquence directe de l'affection constatée sur les dorades, les bars et autres poissons marins depuis une semaine sur les côtes de l'Atlantique, une nouvelle hypothèse de la contamination depuis le fleuve de l'Adour vers la mer (et non le contraire) vient bousculer la recherche environnementale des causes et des conséquences de cette épidémie.
Pasteurella Piscicida
D’après la Direction des Services Vétérinaires du Département, la bactérie en cause serait une pasteurellose, mise à jour pour la première fois en 1963 dans l'estuaire du Potomac aux Etats Unis : "Nos analyses montrent que l’affection aurait essentiellement atteint les mulets et que la contamination a ensuite gagné des espèces marines », explique la Directrice Départementale des Services Vétérinaires à Pau.
Le mulet, ou muge : une espèce de poisson atypique, puisqu'il peut passer de l’eau salée de l’océan, aux eaux saumâtres des estuaires, et même séjourner dans l’eau douce des rivières.
Les poissons marins auraient donc pu être affectés, affaiblis puis asphyxiés par la virulence de la bactérie venue de l'intérieur des terres, capable de rester active 6 jours dans les cellules du poisson ; capable aussi de survivre plus d'un an dans de l'eau de mer tout en conservant son pouvoir pathogène.
L’identification des bactéries responsables de ces centaines de poissons morts le long des côtes de l’Atlantique et dans l’estuaire de l’Adour est toujours en attente de confirmation : des « principes élémentaires de précaution » s’imposent devant la divergence des analyses.
Pas d'affection pour l’être humain… tant qu’il n’en consomme pas
« Le principe de précaution alimentaire est de ne consommer en aucun cas un animal malade quel qu’il soit », rappelle-t-on à la Direction des Services Vétérinaires de Pau.
Hier, tard dans la soirée, la Préfecture a - enfin - part communiqué sur le fait que, « dans l’attente – de la confirmation - , il convient d’observer des règles élémentaires d’hygiène, en s’abstenant de manipuler les poissons morts ou affaiblis et de signaler la présence des cadavres aux autorités municipales pour un ramassage dans les conditions techniques appropriées ».
Sans remettre en question la nature marine de l'affection bactériologique, la Préfecture n'a pas encore opté pour un principe de précaution qui viserait à interdire la pratique de pêche à la ligne, côtière ou fluviale, que le temps ensoleillé sur le Pays Basque encourage pourtant.
Les représentants des pêcheurs, dont les poissons côtiers garnissent généreusement les étalages, ont quant à eux choisi de ne pas communiquer "en l'absence de toute injonction préfectorale", estiment-ils.
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