Politique

ARRESTATIONS AU PAYS BASQUE NORD

A Bayonne, Madrid cherche le lien entre Batasuna et le parti EHAK

24/09/2008

Pour Mme Alliot-Marie, la décision des arrestations à Bayonne "ne relève pas de son seul Ministère" : son homologue espagnol Rubacalda révèle la recherche de liens possibles entre Batasuna et le parti illégalisé Ehak.

Dans une conférence de presse conjointe entre la Ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et le Ministre de l'Intérieur espagnol Alfredo Pérez Rubalcaba, (réunis aujourd'hui à Toulon pour un séminaire sur la lutte contre les trafics de drogue en Méditerranée), ce dernier a reconnu que les attentats de l'ETA du week-end dernier et les récentes opérations policières contre l'appareil exécutif présumé de l'ETA ont animé une grande partie de leurs discussions.

Concernant l'arrestation de militants basques de ce matin au Pays Basque nord, Rubalcaba a tenu à préciser sa lecture des évènements : "Aujourd'hui ont été arrêtés dix personnes de la gauche abertzale violente et quatre autres personnes sont reliées au parti illégal Parti communiste des terres basques".

Déclaré illégal le 18 septembre dernier, la Cour Suprême espagnole avait estimé que le Parti communiste des terres basques (EHAK) avait été "instrumentalisé" politiquement et économiquement par Batasuna, parti politique basque interdit en Pays Basque sud à cause de ses liens présumés avec l'organisation armée ETA.

Pour l'Etat français, le parti indépendantiste Batasuna dont le porte-parole est Xabi Larralde est constituée sous forme d'association.

Il ne fait pas pour l'instant l'objet d'une mise "hors-la-loi" - une procédure extrêmement rare en France -, même si ses membres avaient vu leurs comptes personnels bloqués sur demande de la juge anti-terroriste Laurence Le Vert depuis le début de l'année.

La raison qui semble faire jour serait la demande par le juge de l'Audience espagnol Baltasar Garzón de l'examen de transferts de compte entre la trésorerie de EHAK et sept personnes, dont feraient partie Xabi Larralde, Jean-Claude Aguerre, Giuliano Cavaterra et Aurore Martin.

Michèle Alliot-Marie a éludé toute question concernant cette opération policière.

Interrogée par les journalistes présents à Toulon, Mme Alliot-Marie s'est contentée de déclarer que l'opération relevait d'une "décision qui ne dépend pas uniquement du Ministère de l'Intérieur : c'est un processus judiciaire tout ce qu'il y a de plus légal, afin de commencer une procédure. Nous tenons à nous situer sur un plan légal et, pour l'instant, je ne peux en dire plus puisque ce n'est pas une décision isolée du Ministère de l'Intérieur", a-t-elle insisté.

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