International

LES AUTORITÉS L'AVAIENT CACHÉ

Polémique sur des déchets faiblement radioactifs en Allemagne

22/09/2008

L’Allemagne pensait avoir trouvé la solution en 1980 en enfouissant des déchets radioactifs dans des mines désaffectées. Averti depuis des années, le gouvernement a tardé à parler des contaminations constatées.
Tricastin, la plus 'célèbre' centrale nucléaire française, avec ses incidents en répétition ces derniers mois. Photo : EFE

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Tricastin, la plus 'célèbre' centrale nucléaire française, avec ses incidents en répétition ces derniers mois. Photo : EFE

Des révélations sur une série d'incidents survenus dans un site d'enfouissement expérimental de déchets radioactifs relancent en Allemagne la polémique sur le stockage de déchets nucléaires.

Entre 1967 et 1978, 126 000 fûts de déchets moyennement et faiblement radioactifs ont été stockés dans cette ancienne mine de potasse et de sel. Or, dès le début, les employés ont observé des écoulements de saumure dans les cavités de la mine.

L'exploitant, le centre Helmholtz pour la santé et l'environnement de Munich (HMGU), avait reconnu l'existence de tels écoulements, mais seulement dix ans après les faits, à partir de 1988.

Un Etat défaillant

Aujourd'hui, un ruissellement menace la stabilité de la mine. Pire, au contact des fûts dont certains seraient endommagés, des fluides se sont chargés de radioactivité. L'autorité de surveillance, l'office des mines de Basse-Saxe (LBEG), avait connaissance de cette situation depuis plusieurs années mais ne l'a rendu publique qu'en juin.

Enfin, l'exploitant n'a pas agi conformément aux normes et standards qui s'appliquent face à de tels risques. "On a retenu des informations sur les infiltrations", a fustigé le Ministre de l'Environnement.

La Ministre de la Recherche Annette Schavan vient d’annoncer que le site ne serait plus géré par l’exploitant mais par les autorités fédérales. Si fermeture il doit y avoir, elle aura donc lieu selon les règles très strictes de sûreté nucléaire.

L'avenir du nucléaire au centre de beaucoup de questions

Cette affaire relance la question très sensible du nucléaire civil dans un pays qui a prévu d’y renoncer d’ici 2020.

Le projet de stockage définitif par enfouissement des déchets hautement radioactifs est au point mort depuis 2000, date à laquelle Berlin a décidé un moratoire sur le site de Gorleben en Basse-Saxe.

Mais le 5 septembre, la chancelière Angela Merkel (CDU) s'est faite une fois de plus l'avocate de ce type d'énergie et s'est prononcée en faveur d'un centre de stockage.

Le sujet du nucléaire pourrait donc constituer l’un des enjeux forts des prochaines élections générales de 2009.

Par comparaison en France

La gestion des déchets nucléaires "artificiels", rebuts de la combustion des centrales, est gérée spécifiquement par l'ANDRA (Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs), qui disposent de plusieurs sites d'enfouissement particulièrement surveillés et contrôlés.

Concernant les déchets dit "faiblement" ou "très faiblement radioactifs" (que l'on retrouve par exemple dans les terres rares utilisées comme fertilisants - riches en thorium), l'Etat délégue à la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement) l'évaluation des risques présentés par une éventuelle contamination.

La DRIRE est ensuite chargée d'alerter les autorités de l'Etat - en l'occurence le Préfet du département en question - et coordonne ensuite soit la mise à l'écart des déchets sur le site même (en vérifiant périodiquement la rigueur du dispositif obligatoire de sécurité sanitaire) soit l'enlèvement des déchets en collboration avec l'ANDRA.

On estime à plus de 1 million de tonnes la quantité de déchets faiblement ou très faiblement radioactifs encore présents- et non traités - sur le territoire français.

Les investissements, s'ils interviennent, seront colossaux : 1,5 milliard de réalisation pour le laboratoire d'étude, le coût du stockage lui-même se situant entre 35 et 50 milliards de francs, selon la taille des cavités creusées à cet effet dans le granite.

En Europe

Le plafond maximal toléré de radio-activité est mesuré par un niveau d'exposition à des radiations sur une période de 1 an (c'est l'unité 1 mSv).

Cette considération s'appuie sur un rapport sur ces déchets par l'Organisation Mondiale de la Santé : si les doses émises sont bien entendu très inférieures à ce qui peut découler d'un incident dans une centrale nucléaire comme Tchernobyl, le risque naturel de malformations foetales augmente, tout comme le nombre de cancers (thyroïde, poumons, peau).

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