Société

GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT

Coup de frein à la fiscalité verte, les écolos inquiets

20/09/2008

Nicolas Sarkozy a donné vendredi soir un coup de frein aux demandes de Jean-Louis Borloo qui militait pour l'extension dès 2009 du système de bonus-malus écologique afin de pousser à une consommation plus verte.
Coup de frein aux demandes de Jean-Louis Borloo qui militait pour l'extension dès 2009 du système de bonus-malus écologique. Photo: EFE

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Coup de frein aux demandes de Jean-Louis Borloo qui militait pour l'extension dès 2009 du système de bonus-malus écologique. Photo: EFE

Fini de jouer. Après une longue bataille de communication au sein du gouvernement, Nicolas Sarkozy a donné vendredi soir un coup de frein aux demandes de Jean-Louis Borloo qui militait pour l'extension dès 2009 du système de bonus-malus écologique afin de pousser à une consommation plus verte.

A l'issue d'une réunion d'une heure et demie rassemblant à l'Elysée le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, sa secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, Luc Chatel (Consommation) et le ministre du Budget Eric Woerth, qui a plusieurs fois exprimé ses réticences sur le dossier, le président a annoncé son opposition "à la mise en place de toute nouvelle fiscalité sur des produits de grande consommation (...) compte tenu de la situation économique et des tensions actuelles sur le pouvoir d'achat".

Exit donc la taxe "pique-nique", un temps envisagée pour les produits en plastique jetables, mais à laquelle Jean-Louis Borloo avait déjà renoncé. Exit surtout l'extension pour 2009 du bonus-malus écologique à une vingtaine de familles de produits, alors que le principe en avait été accepté le 3 septembre par François Fillon.

Au final, le No2 du gouvernement n'obtient que le soutien formel du président au bonus-malus et la création d'un groupe de travail chargé de déterminer "la" famille de produits "qui pourrait faire l'objet d'une deuxième expérimentation".

Borloo devient "ministre de rien", selon le député Vert Noël Mamère

"J'ai franchement le désagréable sentiment pour Jean-Louis Borloo que de ministre d'Etat il est devenu ministre de rien", a grincé le député Vert Noël Mamère. Au ministère de l'Ecologie, on se félicitait cependant de la validation par le président du principe du bonus-malus et du lancement d'une deuxième expérimentation.

Le président "se réjouit du succès du bonus-malus automobile" qui a fait bondir les ventes de véhicules propres de plus de 50% sur les six premiers mois de l'année 2008. Mais il note que cette mesure qui se voulait neutre pour le budget aura coûté cette année près de 250 millions d'euros: pour près de 550 millions de bonus versés, moins de 300 millions de malus auront été récolté.

Le ministre du Budget Eric Woerth s'était appuyé sur ce bilan pour justifier ses réticences à voir le système étendu, malgré les assurances de Jean-Louis Borloo, qui promettait de veiller à la "neutralité budgétaire".

Les écologistes s'étaient déjà alarmés des propos de François Fillon remettant en cause le bonus-malus. Les Verts avaient dénoncé "la légèreté avec laquelle le Premier ministre a balayé les projets d'extension du bonus-malus".

"Nous avons la preuve maintenant que ce Grenelle, ce n'était qu'une posture politique pour faire croire au bon peuple de France que l'on s'engageait dans la croissance verte et dans l'économie verte", a réagi le député Vert Noël Mamère. "C'est aussi donner raison à tous ceux qui dans la majorité ne supportent pas le mot d'environnement et d'écologie", a-t-il dit en estimant que Nicolas Sarkozy et François Fillon "préfèrent satisfaire leur clientèle politique".

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