17/09/2008
Pour la première fois en France, une plainte au pénal a été déposée, mercredi 17 septembre dans l'après-midi, visant directement un opérateur de téléphonie mobile, pour "administration de substance nuisible".
L'antenne-relais placée par Bouygues Telecom dans le quartier du Rhodon, à Chevreuse (Yvelines), serait responsable de la dégradation de l'état de santé de Caroline et Juliette Roeland, deux jumelles de 17 ans, selon la famille.
Une fois connu le projet de Bouygues d'implanter une antenne-relais sur une tourelle située dans le jardin d'un particulier, une bonne partie du quartier du Rhodon s'était mobilisé dès 2000 : malgré l'opposition du maire lui-même, l'antenne a commencé à émettre en 2003.
Tout est donc entre les mains du parquet. "Mais dans trois mois, si rien ne se passe, nous nous porterons partie civile", affirme Me Forget, "il y aura au moins une instruction".
"Nous voulons juste que Bouygues déplace son antenne. Nous habitons à proximité d'un bois, Bouygues pourrait y installer son antenne et respecter ainsi les 300 mètres de périmètre de sécurité que nous réclamons", affirme la mère de famille.
Les symptômes dénoncés dans la plainte
Les deux jeunes filles ont commencé par faire de la tachycardie, leur rythme cardiaque affichant entre 120 et 130 battements par minute au repos.
"Difficultés d'endormissement, démangeaisons, mâchoire qui se déboite, mes filles vont de plus en plus mal", explique leur mère Roselyne Roeland, "même leur système immunitaire est affaibli".
"Pour la première fois, nous avons un certificat médical qui lie des problèmes de santé à la présence d'une antenne de téléphonie mobile", explique Me Richard Forget, avocat de la famille Roeland.
Un premier certificat affirme que "les troubles cardiaques" que présente l'une des jeunes filles sont susceptibles d'être "en rapport avec la promiscuité d'une antenne de téléphonie mobile – ou aggravés par cette promiscuité".
Le second certificat, rédigé le 29 mai 2007, établit que les troubles présentés par l'autre jeune fille sont "susceptibles d'être accentués voire provoqués par la présence de champs magnétiques à proximité d'antennes-relais".
La réponse du groupe Bouygues
Pour la responsable des relations extérieures de Bouygues Telecom, Florence Curvale, "aucune des 200 études menées à ce jour ne démontre un danger du téléphone mobile pour la santé".
Et de continuer : "Les antennes-relais ne sont pas dangereuses pour la santé des riverains. A ce jour, tous les groupes d’experts consultés par les autorités sanitaires en France comme à l’étranger arrivent aux mêmes conclusions sur les antennes-relais."
Les tests revendiqués par Bouygues... et contredits par les plaignants
"Dans un souci de transparence, Bouygues Telecom a fait mesurer, par un bureau de contrôle indépendant certifié COFRAC, le champ électromagnétique ambiant à proximité de l’antenne-relais implantée dans le quartier du Rhodon. Les résultats obtenus sont très faibles: 0,31 V/m".
Ce n'est pourtant pas ce que soutient la famille. L'association Robin des Toits, qui lutte contre les dangers du portable et des antennes-relais, a été contactée pour qu'elle vienne faire des relevés dans la maison. "Les deux chambres des filles affichaient des taux de 2,5 à 3 volts/mètre".
Dernier bulletin météo de Radio Euskadi