25/07/2008
Cent employés de la centrale nucléaire de Tricastin (Drôme) ont été "légèrement contaminés" mercredi par des radioéléments qui se sont échappés d'un tuyau dans le bâtiment d'enceinte du réacteur numéro 4, à l'arrêt pour maintenance, a annoncé la direction d'EDF.
Le nouvel incident de mercredi est le deuxième sur le site du Tricastin depuis la récente fuite, le 7 juillet, de 74 kgs d'uranium d'une cuve de l'usine Socatri, filiale d'Areva, qui a été classée niveau 1 ("anomalie") sur l'échelle Ines.
Il s'ajoute aussi à une autre fuite, la semaine dernière, d'effluents radioactifs dans une usine de fabrication de combustibles de Romans-sur-Isère (Drôme), classée également niveau 1.
Réactions en chaîne chez les écologistes
Les préfectures du Vaucluse et de la Drôme avaient annoncé mardi la levée des mesures de précaution prises après la fuite dans la nuit du 7 au 8 juillet de 74kg d'uranium sur le site nucléaire de la Socatri au Tricastin. L'évènement avait suscité de vives réactions de la part des écologistes mais officiellement, il a été déclaré qu'il n'y avait aucune conséquence, ni pour l'environnement, ni pour les personnes.
Ce dont doute aujourd'hui le groupe Greenpeace qui demande la tenue d'un "vaste débat national" qui "permette aux citoyens non seulement d'appréhender clairement les dangers potentiels du nucléaire mais aussi de faire un bilan structuré sur son intérêt ou non face à l'urgence climatique", selon leur communiqué.
Dans un communiqué, le réseau "Sortir du nucléaire" a demandé "d'urgence" un débat national sur la sortie du nucléaire. "Le discours officiel habituel -+Les niveaux de contamination sont en dessous des limites légales+- est parfaitement trompeur", selon le réseau qui a appelé à "prendre conscience de la gravité du risque nucléaire".
Refus de l'emballement chez Areva, prudence de mise au niveau du gouvernement
La présidente du directoire du groupe nucléaire Areva, Anne Lauvergeon, s'est déclarée "surprise" par l'ampleur de l'émotion et par la "réaction médiatique" suite à l'incident survenu il y a une dizaine de jours sur le site du Tricastin, dénonçant une certaine "confusion".
Même si l'incident est "clos", Areva a décidé de nommer un nouveau directeur général de Socatri avec pour mission de faire un revue globale du fonctionnement de l'établissement et de sa sécurité, a fait savoir le groupe dans un communiqué cette semaine.
"Il conduira avec l'aide du groupe un retour d'expérience approfondie de l'événement et sera chargé de la mise en oeuvre des conclusions".
Pour sa part, le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a souhaité souligner qu'il y avait eu "114" incidents de niveau 1, tels que ceux du Tricastin et de Romans-sur-Isère, en 2006, et "86" en 2007. "Ne surréagissons pas sur un certain nombre de points. Il y 115 ou 116 petites anomalies par an, il faut qu'on continue à les traiter", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Rebond judiciaire
Deux perquisitions ont été menées à la Socatri à Tricastin, apprend-on de source proche de la gendarmerie.
Elles ont été effectuées dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet de Carpentras, qui a été saisi par l'Autorité de sûreté nucléaire après l'incident. Des associations écologistes ont aussi déposé plainte, ainsi qu'une habitante d'une commune proche de Bollène.
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