Politique

TRAITÉ EUROPÉEN

Ce délicat "Je vous ai compris" de Sarkozy aux Irlandais

20/07/2008

Le président français Nicolas Sarkozy se rend lundi à Dublin, un mois après le "non" irlandais au Traité de Lisbonne. Sa proposition de faire revoter les Irlandais y a été accueillie avec colère.
Nicolas Sarkozy, en position de Président de l'Union Européenne lundi en Irlande. Photo : EFE

agrandir image

Nicolas Sarkozy, en position de Président de l'Union Européenne lundi en Irlande. Photo : EFE

"J'ai besoin de comprendre le message que les Irlandais veulent faire passer en votant "non" à un traité signé par les représentants de 27 pays", a-t-il indiqué selon la traduction anglaise de ses réponses à une série de questions écrites posées par le journal Irish Times.

A la recherche d'une solution qui "réconcilie l'ensemble de la famille européenne", le Chef de l'Etat français, à la tête de l'Union Européenne depuis le 1er juillet estime que les Irlandais "veulent en fait exprimer leurs inquiétudes et leurs critiques sur la façon dont l'Europe fonctionne. Nous devons trouver les bonnes façons de répondre à ces inquiétudes et ces critiques", a-t-il déclaré.

Mais, dans le même temps, il écarte toute idée d'une nouvelle Conférence intergouvernementale qui renégocierait le texte et explique que "le choix est entre (le traité de) Nice et Lisbonne".

"Cela fait maintenant plus de dix ans que nous débattons des questions institutionnelles. Elles ont été examinées dans le moindre détail. Il est temps d'en finir", estime le président français.

Des déclarations assez peu goûtées par les Irlandais

Dans un pays soucieux de son indépendance, où 53% des électeurs ont rejeté le traité de Lisbonne lors d'un référendum le 12 juin dernier, ces quelques mots ont immédiatement provoqué la colère du camp du "non" et l'embarras du gouvernement irlandais.

"Cela illustre bien la nature anti-démocratique de ce qui se passe à Bruxelles", s'est insurgé Declan Ganley, l'un des chefs de file des "nonistes" irlandais.

Même indignation de la part de Sinn Féin, seul parti irlandais à avoir soutenu le "non" le 12 juin, pour qui la position attribuée au président français est "profondément insultante pour le peuple irlandais".

Même le Parti travailliste irlandais, qui a milité pour le "oui", estime que M. Sarkozy a "commis un sérieux faux-pas". Et du côté du gouvernement, la réserve semble de mise.

Pour le chef du Labour, Eamon Gilmore, les déclarations de M. Sarkozy augurent mal d'une réelle volonté d'écoute. Partisan du non, il a décliné l'invitation de Nicolas Sarkozy de participer à une table ronde entre pro et anti-Lisbonne.

"On nous a fait comprendre que l'une des principales raisons de la visite du président en Irlande la semaine prochaine était de lui permettre d'écouter les positions du peuple irlandais sur ce qui doit être fait", a-t-il rappelé. "Cependant, s'il a déjà arrêté sa décision sur cette question, ça risque d'être une écoute plutôt vaine".

Les opposants au traité appellent le président français à respecter non seulement le vote irlandais contre Lisbonne mais également celui de la France et des Pays-Bas contre la Constitution européenne.

Partager:

  • Wikio
  • Scoopeo
  • Mr Wong
  • Stumble Upon
  • Twit this
  • Google Bookmarks
  • Technorati
  • Del.icio.us
  • Digg
  • Tomateo
  • Additious

Rechercher articles

Dernier bulletin météo de Radio Euskadi

© eitb24 - 2009
Tous droits réservés