17/07/2008
Jean-Louis Borloo a demandé jeudi une inspection immédiate de "l'état des nappes phréatiques situées près de toutes les centrales nucléaires", après la fuite d'uranium intervenue le 7 juillet à l'usine de retraitement Socatri au Tricastin (Vaucluse).
Dans un entretien publié jeudi dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France", le ministre de l'Ecologie annonce qu'il a saisi le Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire "pour qu'il se penche sur la situation radio-écologique de l'ensemble des sites nucléaires".
M. Borloo demande que "l'on vérifie notamment l'état des nappes phréatiques situées près de toutes les centrales nucléaires françaises" car il ne veut "pas que les gens aient le sentiment que l'on cache la moindre chose".
Incident du site de Tricastin: "un défaut d'étanchéité d'une cuve de rétention"
Selon les premières conclusions de l'audit interne conduit par Areva, maison-mère de la Socatri, l'incident nucléaire sur le site nucléaire du Tricastin serait dû à "un défaut d'étanchéité d'une cuve de rétention".
L'incident du 7 juillet, lors duquel 74 kilos d'uranium se sont déversés dans les cours d'eau voisins de l'usine, "est intervenu à l'occasion d'une vidange sur une installation de traitement des eaux, en aval de l'usine d'enrichissement et sans rapport avec les centrales nucléaires du site", indique Areva dans un communiqué. "Le rejet dans l'environnement résulte d'un défaut d'étanchéité d'une cuve de rétention".
Areva a également annoncé jeudi avoir décidé de nommer un nouveau directeur général de l'usine.
Greenpeace veut élargir les analyses à tous les sites nucléaires
Après la découverte au Tricastin d'une contamination plus ancienne d'une nappe phréatique, Greenpeace salue l'annonce de M. Borloo, tout en notant que "cette analyse ne doit pas s'arrêter aux sites des seules centrales mais être élargi à tous les sites nucléaires: aux sites de traitement des matières (ex: Cadarache, Marcoule ou La Hague), aux anciennes mines d'uranium (ex: Bessines), aux sites militaires (ex: Valduc) et aux centres de stockage des déchets, notamment dans la Manche et à Soulaines".
Dans un communiqué, Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France, "s'étonne de cette soudaine et tardive préoccupation au sujet des problèmes de pollution posés par le nucléaire". A propos du recours au Haut Comité à la transparence, Greenpeace "souligne qu'il n'y a pas de transparence sans une pluri-expertise". "Nous demandons que des experts et des laboratoires indépendants comme la CRIIRAD soient absolument impliqués dans ce bilan", demande M. Marillier.
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