11/07/2008
Les places boursières auront terminé en catastrophe cette semaine, avec l'effondrement du CAC40 à Paris (il a de nouveau fortement chuté de 3,09% vendredi, affichant une perte d'un quart de sa valeur depuis le début de l'année), à l'instar de toutes les autres places fortes économiques :
- Londres a reculé de 2,69%, Francfort de 2,41%, l'Eurostoxx 50 de 2,60% et le Dow Jones perd 1,89%.
Cela fait des semaines désormais que les Bourses ré-actualisent leur plus bas niveau de cotations "depuis longtemps".
En cause, l'augmentation permanente des matières premières agricoles, conjuguée à l'envolée insatiable du baril de pétrole : de jour en jour, son prix bat record sur record, à près de 150 dollars aujourd'hui. Les tensions géopolitiques en Iran et au Nigeria ainsi que les craintes concernant la production brésilienne n'y sont pas étrangères.
La faillite des échanges commerciaux
Les déficits du commerce extérieur livrent également leurs lots de mauvaises nouvelles : près de 60 milliards de déficit aux USA, l'Europe n'est pas en reste. Et les dernières déclarations de Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds Monétaire International, sur une économie modiale "coincée entre la glace de la récession et le feu de l'inflation" n'a pas déclenché l'hilarité des marchés.
Dans ce contexte, seule la Chine enregistre un excédent commercial phénoménal, de l'ordre de 200 milliards de dollars par an, même si un léger tassement commence à se faire sentir.
La proximité des Jeux Olympiques ne semble même plus en mesure de constituer un espoir : cette formidable machine de guerre commerciale permettra seulement à certains de limiter la casse prévue à la fin de l'été.
L'angoisse des établissements bancaires
Dans un mouvement de panique boursière, Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants américains du refinancement hypothécaire et piliers du marché immobilier (le marché des "subprimes"), se sont effondrés vendredi à Wall Street, de près de 25%.
Soit près de 90% de leur valeur en Bourse, depuis le début de la crise des "subprime".
En France, seule la Société Génréale (masquée par les pertes du trader Jérôme Kerviel) semble avoir été concernée par cette effondrement du crédit, tandis que les autres banques ont vraisemblablement retardé l'officialisation de leurs propres pertes.
La plupart des banques mondiales cherchent de l'air avant d'avoir à publier leurs résultats pour le deuxième trimestre à partir de la semaine prochaine.
Mais déjà, c'est tout le marché de la Finance qui tire à vue sur les établissements bancaires susceptibles de "plonger" : les sociétés américianes Lehman Brothers, déjà malmenée jeudi, s'effondrait de 18,96%, Wachovia reculait de 13,18%, Merrill Lynch de 5,54%, JPMorgan de 6,09% et Goldman Sachs de 4,37%.
Aux Etats Unis, les marchés ont tenté de convaincre le gouvernement américain d'effectuer un sauvetage d'urgence pour stopper la panique, dès ce week-end, comme il l'avait fait en mars pour la banque d'affaires Bear Stearns. Ce qui conduirait l'économie du pays à doubler sa dette publique, et aux actionnaires à perdre tous leurs actifs.
Ouvrir les yeux
Dans une lettre adressée récemment au président du sommet du G8, M Robert B. Zoellick, président du Groupe de la Banque mondiale, a indiqué que le monde a atteint aujourd’hui une «zone de danger». Une situation qu’il a qualifiée de «tsunami silencieux» et à laquelle il faudrait agir vite et efficacement.
Sortir de cette crise par des mini-plans de sauvetage chaque semaine ne conduit qu'à une plus grande fragilité des Etats vis à vis d'une économie mondiale que personne ne sait plus réguler.
Certains choix de société, de consommation, ou de politique énergétiques ne semblent plus de simples hypothèses d'avenir : attendre la fin des Olympiades de Pékin telle l'autruche dans son nid de sable montrerait alors brutalement que "les Jeux sont faits".
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