Société

FUITE D'URANIUM

Les écologistes dénoncent la gestion de l'incident au Tricastin

09/07/2008

Plusieurs associations écologistes ont dénoncé la gestion de l'incident nucléaire de Tricastin par les autorités et la société Socatri, et notamment la lenteur de l'alerte et l'estimation de l'ampleur de la fuite.
Les site nucléaire du Tricastin. Photo: EFE

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Les site nucléaire du Tricastin. Photo: EFE

Alors que les mesures de précaution ont été maintenues mercredi par la préfecture du Vaucluse, plusieurs associations écologistes ont dénoncé la gestion de l'incident nucléaire de Tricastin par les autorités et la société Socatri, et notamment la lenteur de l'alerte et l'estimation de l'ampleur de la fuite d'uranium. Selon elles, la population a pu être contaminée, alors que le ministère de l'Ecologie assure que "les risques pour l'homme sont négligeables". L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) inspectera le site jeudi.

Tandis que les préfets de la Drôme et du Vaucluse avaient annoncé mardi que l'incident s'était déroulé mardi à 6h30 du matin, un communiqué de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), confirmé depuis par le ministère de l'Ecologie, indiquait qu'il avait en fait eu lieu la veille, lundi vers 23h.

"Entre 23h et 13h (mardi), aucune restriction n'a été mise en place pour protéger les populations", a tonné Yannick Rousselet, responsable de la campagne énergie de Greenpeace France. "Lenteur, manque de transparence, faible réactivité: ces délais sont inacceptables", a-t-il dénoncé mercredi.

Le réseau Sortir du nucléaire accuse Areva, maison-mère de la Socatri, de "rétention délibérée d'information et, de fait, de mise en danger volontaire de la population". "Ce n'est que dans l'après-midi que les populations ont commencé à être informées. Il est vraisemblable que des gens ont été contaminés lors de baignades ou en buvant", estime Sortir du nucléaire.

De son côté, la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) estime le rejet dans l'environnement "plus de 100 fois supérieur à la limite annuelle". L'association de scientifiques indépendants a envoyé mercredi sur les lieux deux experts pour mesurer la contamination éventuelle des environs du site. Les résultats de leurs prélèvements devraient être connues sous 24 à 48 heures. La CRIIRAD a par ailleurs annoncé son intention de poursuivre en justice la Socatri et Areva.

Niveau 5 au lieu de 1

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui inspectera le site jeudi, a classé l'incident de Tricastin au niveau 1 sur une échelle européenne de gravité qui en compte 7. Une estimation là aussi remise en cause par Greenpeace.

"Dès qu'il y a rejet dans l'environnement, un accident doit au moins être classé de niveau 3", a assuré Yannick Rousselet. "Et si l'on considère les contre-mesures prises (mardi) par la préfecture, l'incident grave survenu à Tricastin devrait même être classé de niveau 5".

La préfecture du Vaucluse a précisé mercredi que la quantité d'uranium déversée avait été revue à la baisse, alors que l'IRSN "estime que les risques pour l'homme sont négligeables avec les mesures de précaution prises", a renchéri mercredi le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo.

L'ASN mènera son inspection jeudi afin de "déterminer les causes précises de cet événement et d'examiner les mesures mises en place par l'exploitant", précise son ministère. "Toutes les conclusions devront être tirées, notamment en termes d'éventuelles suites pénales et administratives", a conclu M. Borloo.

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