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05 septembre 2008 | 06:29:40

Politique

PARTI POPULAR

Mariano Rajoy sous surveillance à la tête du Parti Populaire

22/06/2008

Ce samedi en Espagne, Mariano Rajoy a été reconduit dans la douleur à la tête du Parti Populaire (PP), après des mois et des mois de tensions internes liées à l'échec du PP lors des deux dernières élections générales.
Rajoy reconduit à la tête du PP. Photo : EFE

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Rajoy reconduit à la tête du PP. Photo : EFE

Rajoy a reçu l'appui de 84% des presque 3.000 délégués présents à la convention de trois jours qui s'est ouverte vendredi, a indiqué Rita Barbera, maire de Valence et présidente de la réunion.

Lors de la convention nationale du PP, Mariano Rajoy, 53 ans, a essuyé de violentes critiques de la part de son mentor José Maria Aznar. L'ancien chef du gouvernement espagnol redoute que les efforts de M. Rajoy pour attirer les centristes ne lui aliènent certains partisans conservateurs.

Mariano Rajoy reste donc à la tête du PP et sera de ce fait le candidat officiel du parti aux prochaines élections générales en 2012. Pour le moment en tout cas, car nombreux sont ceux qui doutent qu'il puisse survivre politiquement si longtemps.

Dans un discours prononcé avant le vote de samedi, Rajoy a appelé à l'unité du parti et du pays. "C'est ce que je veux: un parti au service de toute l'Espagne", a-t-il déclaré.

"Je ne pense pas que ce parti doive changer ne serait-ce qu'une virgule de ses principes", a-t-il ajouté.

Un Aznar très agressif

Les plus fortes critiques, indirectes mais limpides, sont venues d'Aznar qui en 2003 avait choisi personnellement Rajoy pour prendre les rênes du PP et l'avait nommé à divers postes ministériels.

"Nous ne gagnerons pas si nous croyons pouvoir ignorer ceux qui votent déjà pour nous car les votes n'appartiennent à personne, pas même à nous", a prévenu Aznar. "Nous devons être le parti que nous sommes, et non celui que nos adversaires aimeraient que nous soyons."

Les conservateurs du PP se sont dits inquiets de ce que Rajoy soit en train d'abandonner ses principes en laissant une ouverture au dialogue avec les nationalistes basques qui veulent organiser un référendum en octobre. Cette consultation est perçue par certains comme une manoeuvre pour obtenir l'indépendance du pays basque du reste de l'Espagne.

La question basque au coeur des débats

De manière générale, les critiques de Rajoy lui ont conseillé de rester fidèle aux principes du PP et de maintenir une ligne dure d'opposition au nationalisme basque plutôt que de chercher à se rapprocher du centre.

La directrice de la branche basque du PP, Maria San Gil, qui figure sur la liste des cibles de l'ETA, avait déjà retiré sa confiance à Rajoy depuis mai. José Antonio Ortega Lara, un ancien gardien de prison demeuré près d'un an et demi otage de l'ETA au milieu des années 1990, a également claqué la porte. Tous deux sont considérés comme des symboles moraux de la lutte du PP contre l'organisation armée basque.

Un parti en crise

Le Parti populaire a été éjecté du pouvoir après les attentats islamistes contre des trains de la banlieue madrilène qui ont fait 191 morts en mars 2004. Cette année, lors des élections générales du 9 mars, les conservateurs n'ont pas réussi à reprendre la pouvoir aux socialistes malgré un mécontentement grandissant dans le pays en matière économique.

Rajoy, qui était le candidat du PP lors de ces deux scrutins nationaux, a refusé de jeter l'éponge et tenu à tenter sa chance une troisième fois en 2012.

Cette obstination a profondément divisé le parti et l'a plongé dans une crise que le quotidien espagnol "El Mundo" a épinglée en parlant des "100 jours les plus sombres de l'histoire du Parti populaire"

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