12/06/2008
Cette aide sera "consacrée en priorité à l'agriculture et à la santé", a précisé le président français. De 13 millions d'euros par an en moyenne jusque-là, elle se montera donc à 107 millions d'euros sur la période 2008-2010, précisait-on dans l'entourage du chef de l'Etat.
"La France maintiendra son engagement en Afghanistan aussi longtemps que nécessaire pour gagner", a réaffirmé Nicolas Sarkozy. "On ne baisse pas les bras devant les terroristes. On ne cède pas devant les tortionnaires. On gagne et on reste jusqu'à ce qu'on gagne".
Le Parlement est prié de travailler sur les restes
Il s'est présenté lors de la campagne des présidentielles de mai 2006 comme "l'homme de la rupture". A ce jour, cette démonstration n'est plus à faire, lorsqu'est comprise sa stratégie en ce qui concerne la politique internationale de la France : en début d'année, c'est presque entre la poire et le fromage qu'il avait annoncé son annonce du renforcement d'un bataillon supplémentaire de 700 hommes dans l'est de l'Afghanistan.
A l'époque, l'ensemble de la classe politique française avait grincé des dents, considérant - à juste titre - que l'exercice de la démocratie pouvait éventuellement se satisfaire d'un débat sur les conséquences de cette position. Ce qui avait été vécu comme un affront sera-t-il mieux vécu aujourd'hui ?
En effet, une telle annonce doit intégrer les menaces que profère le réseau Al-Qaïda sur tout soutien au pouvoir afghan en place. S'il n'est évidemment pas question de reculer devant ces menaces, il faut espérer que les dispositions adéquates en terme de sécurisation du territoire auront été prévues au préalable, et les conséquences partagées, et assumées.
Une brindille dans un ocean de pavots
"Nous devons mobiliser nos efforts dans le prolongement des engagements pris à Londres en janvier 2006", a plaidé Nicolas Sarkozy. Mais "cette conférence, je souhaite qu'elle soit d'abord l'occasion d'une réflexion sur une stratégie au service du succès"
Le choix de multiplier par trois le montant d'une aide "en priorité à l'agriculture et à la santé" doivent, forcément, se lire plus précisément. Dans l'esprit du Chef de l'Etat, il n'est pas en train de nous promettre de pouvoir bientôt déguster des légumes en provenance de ce pays : l'Afghanistan est l'un des plus importants pays producteurs d'opium.
Cette aide servirait donc à accompagner la reconversion agro-alimentaires de ce pays. Mal exploité, cet argent serait alors une bien belle aubaine financière pour les structures "agricoles" actuelles.
Nicolas Sarkozy ne manque pas d'assurance; Il nous le répète souvent.
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